Inflation, Reprise, rachat de credit et valeur immobilière ?
« Un crédit vous engage et doit être remboursé »
Qu’attendre de 2011 ? reprise économique ou crise systémique et explosion de la zone euro ?
Le "Drachme" grec, une tragédie européenne ! La
dette énorme (350 milliards d'euros) portée par ce petit pays devient
chaque jour un risque comparable à la chute de Lehman Brothers. Si vous
avez regardé avec détachement la crise de la dette privée américaine,
vous allez subir la crise de la dette souveraine.
La croissance à crédit, est derrière nous... et de plus, il va falloir songer à rembourser les dettes !
L’optimisme ambiant poussé par une reprise en 2011
doit être de plus en plus pondéré par l’examen attentif des causes tout à fait artificielles de
ce rebond, en effet l’immense crise entre juin 2008 et juin 2009 qui s’est
traduit par une baisse impressionnante de 20% de la production mondiale, a été
maîtrisée de justesse par des politiques tout aussi exceptionnelles de relances
aux quatre coins de la planète, même en Chine !
Ces
relances sont promises à disparaître cette année
sauf aux Etats Unis (mais pour combien de temps encore, quand les
spécialistes estiment le chômage aux Etats-Unis mal calculé. En réalité,
il frôle les 16%. Pas très différent de celui de l'Espagne) car
nourries par les capitaux chinois et une baisse
délibérée du dollar, de plus il a été décidé de l’autre côté de
l’Atlantique de
poursuivre l’effort de baisse des impôts. La
crise reste palpable avec des salaires bloqués, la précarité, un taux
de chômage réel qui continue de tutoyer des sommets malgré les tours de passe-passe visant à élaguer les listes de sans-emploi.
Cette « reprise » fondée sur de telles
mesures de relance nous place dans une situation d’incertitude mondiale comme
on en a jamais connue depuis cinquante ans. Un déséquilibre directement lié à
la crise financière qui s’est muée en crise des dettes d’états et qui n’a jamais été résolu. Peut on imaginer une sortie de l'endettement de la Grèce, l'Espagne et le Portugal sans une "restructuration"
de leurs dettes, c'est à dire faire payer les créanciers (les banques
européennes et les portefeuilles d'assurance vie détenus par bon nombre
de particuliers sont donc en première ligne !).
Aux Etats Unis le maintient du pouvoir d’achat s’est
fait par un endettement excessif des ménages, l’Europe quand à elle (hors
Allemagne, champion exportateur en 2010 et 2011 n’est pas passée par l’étape du
surendettement des ménages, mais directement par un accroissement de
l’endettement des états providences et « redistributeurs » qui par
manque de courage politique ont préférés se noyer dans des déficits abyssaux
plutôt que de se réformer.
Les Etats Unis, malgré 25% du PIB mondial, est un
pays déstructuré, avec une crise immobilière toujours en cours, des ménages
surendettés et un taux de chômage réel proche des 18% (en tenant compte de leur
système de calcul) mais avec l’épargne chinoise qui finance l’Etat américain.
L’atout américain réside dans sa capacité d’exporter
ses problèmes grâce à sa politique de change du dollar, toujours plus
bas !
Par contre l’Europe et la zone Euro se présentent en
2011 complètement désarticulées et morcelées, entre l’Allemagne et quelques
pays satellites d’une part, les pays fragilisés par leurs dettes, comme
l’Irlande, la Grèce, le Portugal et même le Royaume Uni d’autre part, et enfin un autre tiers médian composé de
la France et de l’Italie (la France étant le deuxième état le plus endetté au
monde après les Etats Unis).
En dehors de l’Allemagne, et peut être ou encore la
France, toutes les dettes européennes sont à la merci des notations des marchés
financiers et seules des règles clairement établies dans la zone Euro peuvent
écarter un péril systémique. Mais ces règles transitent obligatoirement par des
politiques de réduction des déficits, entraînant un risque de croissance très
faible voire même de récession dans la plupart des pays de la zone euro.
Les
espoirs de reprise des pays occidentaux se tournent donc en 2011 vers
les pays émergents pour relancer leur croissance, mais n'est-ce pas un
mirage ? les matières premières dégringolent et en premier lieu le
baril de pétrole qui passe en dessous de 95$ ce qui n'indique pas le
feu vert de la reprise ! et tout ceci ne devrait pas favoriser le
désendettement des Etats Unis et des pays européens.
Alors que prévoir pour la France dans ce climat
d’incertitude mondial ?
Rien de très optimiste, en effet avec une croissance
bridée par la fin des relances à coup de dépenses publiques, un restockage
industriel déjà créé en 2010, un coup de frein sans précédent et qui ne fait que commencer sur le déficit
public pour éviter le sort réservé à la Grèce, des hausses d’impôt et baisses
des prestations, voilà les recettes efficaces pour une diminution programmée de
la consommation en France !
Rappelons-nous que c’est la consommation, grâce à la
redistribution (le RSA en faisant partie, que la France a passé assez « tranquillement » la
crise, alors avons-nous maintenant une recette magique pour une fois encore ne
pas avoir à regarder la colonne passif dans notre bilan ?
On peut noter la précarité de l’emploi en France
qui est significative malgré une légère reprise et la faible croissance
espérée, quoique rehaussée (L'Organisation de coopération et de
développement économiques anticipe désormais une progression du PIB de
2,2 % cette année et de 2,1 % pour 2012) ne nous laisse
aucun doute sur sa poursuite, voire même provoquer une possible remontée
du chômage. Les
PME sont encore très endettées. Les exportations françaises sont en
pannes et
seront inférieures aux importations d’environ 0.3 à 0.5% en 2011, la
France
perdant des parts de marché depuis plus de dix ans, il serait miraculeux
que
nous connaissions un redressement de celles-ci de manière suffisantes
pour
relancer la consommation.
Dans ce contexte, prévoir un fléchissement de la consommation
et un ajustement à la baisse des prix de l’immobilier en 2011 semblent
vraisemblables. L’année 2010 fut une année de forte relance tous azimut qui a
porté ses fruits de manière exceptionnelle au regard de l’amplitude de la crise
que nous avons connu.
Cet ajustement des prix de l’immobilier ne s’est pas
encore fait depuis la crise financière que du contraire on a constaté
globalement une reprise à la hausse de ces derniers, porté par des taux
historiquement bas jusqu’en novembre 2010 et un désintérêt profond pour
l’investissement mobilier.
Pour ces différentes raisons le marché immobilier en
2011 sera l’année de cet ajustement tant le différentiel entre pouvoir d’achat
et prix de l’immobilier est important, ceci hors certains secteurs comme le marché
parisien qui pourrait stagner tant la demande est grande et l’offre réduite, et
si l’incertitude fait place au pessimisme avec les tensions sur les taux que
nous connaissons en ce début d’année cet ajustement pourrait être
important, on peut même évoquer le terme de bulle immobilière.
On peut imaginer un renchérissement des taux
immobilier de 1% courant 2011 et donc mécaniquement éliminer de la course à
l’acquisition environ 20% des français, ce renchérissement s’explique par la
remontée des taux sur les emprunts d’Etats causée par la crise de la zone euro.
La baisse de l’immobilier est assurément enclenchée
mais de quelle ampleur et pour combien de temps ? (juillet 2011)
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